Edito UMR AGIR

Interdisciplinarité, partenariat et modélisation façonnent notre identité avec comme enjeu global pour l'UMR AGIR de travailler sur les modes d’articulation entre les systèmes socio-techniques, socio-écologiques et agroécologiques afin d’analyser les transitions des agrosystèmes et de concevoir des systèmes agroécologiques innovants.

Une unité mixte de recherche interdisciplinaire

L’UMR AGIR rassemble des chercheurs et enseignant-chercheurs en sciences biotechniques  et en sciences humaines et sociales de l’INRAE (départements AgroEcoSystèmes et ACT), de l’INP-Toulouse (ENSAT et Ecole d'ingénieurs de Purpan) et de l’ENSFEA et elle héberge également deux agents de l'ACTA et deux agents d'Agropolis international.

Conceptualiser, analyser et outiller la transition durable des systèmes agri-alimentaires

L’UMR AGIR conçoit la transition comme la nécessité de quitter une situation jugée intenable. Pour l’agriculture, elle est motivée par le constat de ces effets indésirables sur le revenu et l’isolement des agriculteurs, l’environnement, les inégalités territoriales, la santé des consommateurs et des travailleurs, le bien-être animal, etc… La transformer se heurte à :

  • la complexité à reconcevoir des systèmes adaptés à leur environnement et intégrant les interactions entre modes de production, territoires, filières, et consommation ;
  • l’incertitude liée aux aléas, notamment climatiques, auxquels est soumise l’agriculture et l’incertitude liée à l’incomplétude des connaissances et aux propriétés émergentes des systèmes complexes qui limitent notre capacité à prévoir les effets du changement ;
  • l’ambiguïté générée par les désaccords sur l’intérêt des nombreuses solutions envisageables. Naissent alors des controverses comme sur le numérique, l’enjeu est alors savoir si et comment ces innovations servent un développement durable.

L’accompagnement de la transition est alors envisagé comme celui d’un processus évolutif en cours, processus auquel les chercheurs de l’UMR accèdent par leur implication sur le terrain. L’objectif de leurs recherches est de comprendre, nourrir et accompagner les trois temps de ce processus évolutif :

  • la génération d’innovations (connaissances, concepts, modèles, objets, pratiques, outils, organisations…) par l’expérimentation, la modélisation ou la co-conception;
  • la sélection en analysant les épreuves que subissent les innovations pour devenir viables, en concevant des outils et des dispositifs d’évaluation, et en précisant le domaine de validité de certaines connaissances ;
  • la co-évolution en étudiant les reconfigurations au sein des systèmes socio-techniques associées au déploiement de certaines solutions. Des méthodes participatives et pragmatiques sont également conçues pour favoriser cette co-évolution.

Nous produisons ainsi une compréhension du monde en train de changer utile à l’action collective (politiques publiques, plans d’action territoriale…) et des connaissances actionnables pour développer une agriculture basée sur la biodiversité (assolements et rotation, plan de gestion du pâturage, organisation des échanges cultures et élevage, plantes issues de sélection participative…) et des méthodes pour accompagner son développement (jeux sérieux, outils d’aide à la décision, approches participatives…), et pour l’évaluer (diagnostics agroécologiques, grilles multicritères, processus d’intermédiations…).

Rédacteur: Rédacteur edito